Yussuf Al-Qardâwi est né en 1926 à Saft Et-Turâb, province de Gharbiyyah, en Egypte. Il devint orphelin à l’âge de deux ans à la mort de son père. Après son cycle primaire il étudia à l’institut religieux d’Al-Azhar dans la ville de Tantâ. Neuf ans plus tard, il obtint son diplôme secondaire et partit au Caire pour continuer ses études à Al-Azhar, dans la Faculté des Fondements de la Religion (Usûl Ad-Dîn). En 1953, il obtint son diplôme de l’Université.
Entre 1953 et 1960, il poursuivit ses études à Al-Azhar. En parallèle avec ses études de Langue Arabe, il suivit le cursus du département du Coran et des sciences de la Sunnah de la faculté des Fondements de la Religion (Usûl Ad-Dîn). En 1960, il commença la préparation de sa thèse. Cependant, les répressions de l’époque, sous le gouvernement de Nasser, contre les Frères Musulmans l’empêchèrent de continuer. En 1973, il termina sa thèse traitant de l’aumône légale et de son rôle dans la résolution de problèmes sociaux.
Yussuf Al-Qardâwi rejoignit l’Association Islamique des Frères Musulmans alors qu’il était en cycle secondaire à l’institut religieux d’Al-Azhar dans la ville de Tanta. Il avait une grande admiration pour Hassan Al-Bannâ. D’autres contemporains le marquèrent. Parmi ceux-là, Muhammad Al-Ghazâli, Al-Bahiyy Al-Khuly, Muhammad `Abdallah Daraz, Mahmûd Shaltût et ‘Abd Al-Halîm Mahmûd. Au début des années 50, il fut responsable des activités du mouvement islamique à Al-Azhar. A cause de son affiliation aux Frères Musulmans, il fut emprisonné en 1949, entre 1954 et 1956 et un temps court en 1962.
Ses débuts dans la prédication remontent à 1956, dans l’une des mosquées du Caire. En 1959, il fut interdit de prédication et fut transféré au département islamique de la culture à Al-Azhar. En 1962, Al-Azhar le détacha au Qatar pour occuper le poste de président de l’Institut secondaire des études religieuses. En 1977, il dirigea la fondation de la Faculté de la Sharî’ah Islamique à l’université du Qatar dont il devint le doyen.
Le Dr. Al-Qardâwi a vu sa réputation grandir à travers les journaux, les magazines, les livres, les émissions de radio et les apparitions dans les émissions sur les chaînes satellites. Cet homme ne se repose pas et ne se décourage pas malgré les années et son âge avancé : il écrit, donne des conférences, dialogue, va au devant des autres… Le résultat de cela sont des dizaines de livres, d’articles, et autant de rencontres, d’interviews, au point où sa notoriété est devenue internationale. La majorité des musulmans le connaissent vu la diversité et le nombre de ses activités.
L’appel du Dr. Al-Qardâwi au rapprochement entre les religions
Parmi les égarements du Dr. Al-Qardâwi : son appel au rapprochement entre les religions. Ceux qui appellent à l’unification des religions parmi les soi-disant responsables de l’Islam essaient de faire passer cette turpitude sous le couvert du « dialogue interreligieux ».
Sachez que ce principe a été recherché par les mécréants. Cet appel s’est ensuite apaisé un temps. Puis les francs-maçons l’ont adopté sous le couvert de l’appel à l’unicité des religions et l’abandon du sectarisme avec l’idée rassembleuse de la croyance en Dieu qui ferait de tout le monde des croyants.
Cet appel a porté beaucoup de noms. A chaque fois qu’un de ses noms ou de ses emblèmes a été démasqué, ils l’ont modifié. Il a été connu sous l’appellation de :
« l’appel au rapprochement entre les religions », « la fraternité religieuse » qui a un siège en Egypte, « le rassemblement des religions » qui a un siège en Egypte, « l’amitié islamo-chrétienne » et « la solidarité islamo-chrétienne contre le communisme ».
Puis cet appel est apparu aux gens comme :
« La réunification des religions », « L’unicité des religions », « L’unicité des trois religions », « al ibrâhimiya », « la religion Abrahamique », « l’unicité Abrahamique », « l’unicité de la religion divine » « les croyants », « les croyants unificateurs », « la religion universelle », « la cohabitation entre les religions »… Puis dernièrement « Le dialogue interreligieux ».
Le Dr. Al-Qardâwi a montré qu’il y appelait. Il dit : « J’ai certes appelé personnellement à ce dialogue dans mon livre « les priorités du mouvement islamique » (L’Islam et l’Occident p86).
Il a assisté à une conférence à Moscou le 26 mai 1995. Il dit à ce sujet : « J’ai participé cette année au mois de Mai à une conférence à Moscou autour de l’Islam et de la compréhension entre les autres religions et peuples. Des chrétiens et des juifs et autres parmi leurs notables y ont participé. Et à la fin de l’été j’ai assisté à une célébration en l’honneur de la rencontre entre chrétiens et musulmans, rencontre organisée par le conseil des églises du Moyen-Orient » (Le Moyen-Orient n°2789, 1995).
Le Dr. Al-Qardâwi ne s’est pas limité au rapprochement avec les juifs et les chrétiens mais il appelle au rapprochement entre les peuples. Il dit : « J’ai assisté à la conférence nationale islamique à Beyrouth en octobre dernier. J’étais un des membres du comité préparatoire concernant l’aspect islamique. Je n’ai pas vu d’inconvénient à ce qu’on recherche les choses en commun entre le nationalisme et l’islamisme, particulièrement dans nos pays arabes » (Le Moyen-Orient n°2789, 1995).
De plus le Dr. Al-Qardâwi ne s’est pas limité à sa seule personne, mais il s’est rendu responsable de tous les musulmans, parlant en leur nom ! Il dit : « De notre côté, nous les musulmans, nous sommes prêts au rapprochement. Ce qui est important aussi c’est qu’il y ait du côté des autres ce même esprit, qu’ils nous traitent comme on les traite, et qu’ils se rapprochent de nous autant que nous nous rapprochons d’eux » (L’Islam et l’Occident p18).
Nous disons : qui a fait du Dr. Al-Qardâwi un responsable des musulmans, parlant en leur nom sur ce qui est contraire à leur religion ? Le prophète
Puis en observant bien ses propos, on voit qu’il indique que les juifs et les chrétiens ne recherchent pas le rapprochement avec les musulmans car ils se considèrent meilleurs qu’eux. Cela apparaît dans sa parole: « Ce qui est important aussi c’est qu’il y ait du côté des autres ce même esprit, qu’ils nous traitent comme nous les traitons, et qu’ils se rapprochent de nous autant que nous nous rapprochons d’eux ».
Sachez que l’objectif des conférences auxquelles il a assisté n’est pas que les juifs et les chrétiens délaissent leurs religions, et qu’ils se suffisent de l’Islam, la religion de vérité, seule agréée auprès d’Allah. Non, le but n’est pas cela car il dit : « Nous dialoguons et chacun de nous se raccroche à ses principes » (L’Islam et l’Occident p18).
Quel est alors le profit de ces dialogues ?
Le Dr. Al-Qardâwi et la recherche, selon lui, de ce qu’il y a en commun entre les religions
Nous avons vu dans le chapitre précédent que le Dr. Al-Qardâwi appelait au rapprochement des religions. Il dit : « La cohabitation entre l’islam et la chrétienté est devenue une chose inévitable. Nous nous devons de rechercher toutes les choses communes et de dialoguer ensemble dans l’objectif d’arriver à des intentions positives et constructrices. » (Al-Watan).
Pour cela il veut faire passer la croyance en Dieu comme étant un point qui rassemble ces religions. Il dit : « Nous recherchons ce qui nous réunit. Nous croyons ensemble en Dieu, même si c’est une croyance d’ensemble, nous croyons en l’au-delà et à la rétribution. Nous croyons en l’adoration de Dieu, et aux valeurs de caractère et l’affirmation de ces valeurs, et que l’homme est créé honoré. Nous venons avec des choses qui peuvent rassembler ceux qui diffèrent. » (L’Islam et l’Occident p16).
Cela fait partie de l’appel à l’entraide avec les juifs et les chrétiens suivant la règle que les frères musulmans utilisent souvent : « Nous nous aidons sur ce sur quoi nous sommes d’accord, et nous nous excusons sur ce sur ce quoi nous divergeons ». Cette règle, nous y reviendrons Inchallah, n’est pas de Hassan Al-Bannâ, il l’a prise de Muhammad Rashîd Ridâ, et le Dr. Al-Qardâwi l’a appelée « La règle d’or » (Al Qâ’ida ad-dhahabiyya).
Par exemple il dit : « Nous croyons ensemble en Dieu… ». Nous disons : Est ce que la croyance en Dieu des musulmans est la même que celle des gens du Livre ? La croyance en Dieu des musulmans est basée sur la glorification d’Allah et son unicité (tawhid) et sa purification de toute compagne, de tout fils et de tout semblable.
Quand aux gens du Livre ils ont attribué à Dieu un fils, ils ont dit qu’Il était un parmi trois (la trinité), l’ont appelé ‘le Père’, l’ont décrit de façon ne convenant pas à Sa Grandeur. Voyez ce qu’Allah
) وَقَالَتِ الْيَهُودُ عُزَيْرٌ ابْنُ اللَّهِ وَقَالَتِ النَّصَارَى الْمَسِيحُ ابْنُ اللَّهِ ذَلِكَ قَوْلُهُمْ بِأَفْوَاهِهِمْ يُضَاهِئُونَ قَوْلَ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ قَبْلُ قَاتَلَهُمُ اللَّهُ أَنَّى يُؤْفَكُونَ & اتَّخَذُوا أَحْبَارَهُمْ وَرُهْبَانَهُمْ أَرْبَاباً مِنْ دُونِ اللَّهِ وَالْمَسِيحَ ابْنَ مَرْيَمَ وَمَا أُمِرُوا إِلَّا لِيَعْبُدُوا إِلَهاً وَاحِداً لا إِلَهَ إِلَّا هُوَ سُبْحَانَهُ عَمَّا يُشْرِكُونَ (
( Les Juifs disent : “Uzayr est fils d’Allah” et les Chrétiens disent : “Le Messie est fils d’Allah”. Telle est la parole qui sort de leurs bouches. Ils imitent la parole des mécréants (venus) avant eux. Qu’Allah les anéantisse ! Comment s’écartent-ils (de la vérité) ? Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Messie fils de Marie, comme seigneurs en dehors de Dieu, alors qu’on ne leur a commandé que d’adorer un Dieu unique. Pas de divinité (digne d’adoration) à part Lui ! Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu’ils [Lui] associent. ) s9 v30-31
Regardez comment Allah parle de leur mécréance et de leur chirk (polythéisme). Et le Dr. Al-Qardâwi fait de la croyance en Dieu un point d’accord entre les croyants musulmans et eux. La croyance en Dieu des musulmans est aussi éloignée de la leur que le ciel de la terre. Peut-être le Dr. Al-Qardâwi voulait signifier qu’ils croient en l’existence de Dieu. Si telle était son intention, le Diable et les polythéistes en feraient aussi partie (!), car ils croient en Dieu en tant que Créateur, en son existence, et en tant que Seigneur. Mais malgré cela Allah
Puis quand il a dit : « Nous croyons en l’adoration de Dieu… ». Sachez que l’adoration qui est décrite comme étant faite pour Allah n’est acceptée qu’avec deux conditions qui sont : Al-Ikhlâss (la sincérité), et Al-Mutâba’a (le suivi) de la législation d’Allah et de Son messager pour l’adorer. Il ne faut pas innover d’adorations car la religion d’Allah est complète.
Si une des conditions n’est pas respectée, l’adoration est nulle. Donc, d’après ce qui a précédé, les gens du Livre croient-ils en l’adoration d’Allah de cette façon ou pas ? Comment pourraient-ils respecter la condition de Al-Mutâba’a (le suivi) alors qu’ils ne croient même pas au Messager d’Allah ni au Coran ?!
Comment donc faire de la croyance en Dieu et son adoration un point d’accord entre les musulmans et les gens du Livre ?
Puis le Dr. Al-Qardâwi dit : « Si nous regardons ces choses sur lesquelles nous sommes d’accord, il est possible que ceux qui divergent se rapprochent les uns des autres. » (L’Islam et l’Occident p16).
Nous voyons bien comment le Dr. Al-Qardâwi se presse de dire que ces croyances sont des points d’accord alors qu’il n’en est rien.
Parmi les conséquences de ce dangereux appel :
La destruction de la règle de « l’alliance et du désaveu » : l’alliance avec les musulmans et le désaveu des mécréants.
Le Dr. Al-Qardâwi dit : « Il faut que le but de ces dialogues soit que les gens se rapprochent et se comprennent au lieu de vivre dans le sectarisme communautaire. On agit donc en plein jour, on se rencontre en public au lieu qu’il y ait chez chacun envers l’autre des haines sans motifs. On a donc besoin de se serrer la main et d’être indulgent. » (L’Islam et l’Occident p16).
Regardez comment il a fait du désaveu des mécréants des « haines sans motifs » alors qu’Allah
) قَدْ كَانَتْ لَكُمْ أُسْوَةٌ حَسَنَةٌ فِي إِبْرَاهِيمَ وَالَّذِينَ مَعَهُ إِذْ قَالُوا لِقَوْمِهِمْ إِنَّا بُرَآءُ مِنْكُمْ وَمِمَّا تَعْبُدُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ كَفَرْنَا بِكُمْ وَبَدَا بَيْنَنَا وَبَيْنَكُمُ الْعَدَاوَةُ وَالْبَغْضَاءُ أَبَداً حَتَّى تُؤْمِنُوا بِاللَّهِ وَحْدَهُ (
( Certes, vous avez eu un bel exemple [à suivre] en Abraham et en ceux qui étaient avec lui, quand ils dirent à leur peuple: ‹Nous vous désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors d'Allah. Nous vous renions. Entre vous et nous, l'inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu'à ce que vous croyiez en Allah, seul›. ) s60 v4
Il est loin, ici aussi, d’avoir appliqué ce qu’il a dit : « On doit comprendre l’Islam comme l’ont compris les Compagnons - qu’Allah les agrée - et les tâbi’ines (leurs successeurs) parmi les Salafs Sâlihs (les pieux prédécesseurs) ». (Nahu Wahdati Fikriya lil’âmiline lil-islam, p119).
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